lundi 5 décembre 2016

Révolution au 21ème siècle : temps court ou processus de révolution longue ? par Bruno Della Sudda

 1 – Pourquoi la révolution longue ?

A - La singularité du coup de tonnerre d'octobre 1917 en Russie est celle d'un temps court et d'une rupture fulgurante vécue comme telle par des dizaines de millions dans toute l'Europe. La puissance de l'événement et l'immense lueur d'espoir qu'il a jeté sur le monde ne pleine boucherie de la Première guerre mondiale en a fait un modèle révolutionnaire et un paradigme combiné au bolchevisme, à la fois en tant que stratégie et conception du parti dirigeant, pour des générations de révolutionnaires et comme événement référence de la gauche communiste et de la gauche radicale du XX° siècle particulièrement en Europe. 

La force de cet événement érigé en modèle nous a fait oublier les caractéristiques générales des révolutions, révolution russe comprise, qu'on ne peut réduire à une rupture mais qui sont faites d'une accumulation de ruptures plus ou moins importantes, plus ou moins radicales, étirées sur un temps plus long Les révolutions sont des processus, au temps plus long et des phénomènes non-linéaires 

dimanche 4 décembre 2016

Vendredi 9 décembre à 20h : Autogestion, l’expérience algérienne

Dans le cadre de la sortie du film Algérie du possible de la réalisatrice Viviane Candas, une projection suivie d’un débat avec Mohammed Harbi, Gérard Chaliand et Slimane Benaissa aura lieu le 

Vendredi 9 décembre à 20h (horaire à confirmer) au Cinéma La Clef, 34 Rue Daubenton, 75005 Paris 

En rencontrant ses anciens compagnons de combat, le film suit le parcours d’Yves MATHIEU, né à Annaba, anticolonialiste en Afrique Noire puis avocat du FLN. À l’Indépendance de l’Algérie, il rédige les Décrets de Mars sur les biens vacants et l’autogestion, promulgués en 1963 par Ahmed BEN BELLA. 

La vie d’Yves MATHIEU est rythmée par ses engagements dans une Algérie qu’on appelait alors « Le Phare du Tiers Monde ». La réalisatrice, qui est sa fille, revient sur les conditions de son décès en 1966. Algérie du possible, La révolution d’Yves Mathieu 

Un film de Viviane Candas, Documentaire – France – 2015 – 82mn – DCP Sortie en salle le 7 décembre 2016 C’est un panorama passionnant, plein de fièvres et de doutes, sur la guerre et l’après-guerre d’Algérie que bien peu de Français et d’Algériens connaissent, un hommage émouvant à un homme qui a donné sa vie pour ce pays… Il est essentiel à la connaissance de l’histoire de l’Algérie contemporaine. 

lundi 28 novembre 2016

La mort des civilisations ?, par Philippe Zarifian

La pensée écologique nous a appris à développer une réflexion et une action sur la disparition précipitée et artificiellement provoquée des espèces vivantes. Une formule la résume : la réduction de la bio-diversité. Il faut prendre cette réflexion avec rigueur pour éviter de tomber dans la naturalisme ou dans toute approche sentimentalo-nostalgique. 

Que des espères disparaissent, cela n'a rien de nouveau et préoccupant en soi. Cela fait partie des grands cycles des mutations et des événements " catastrophiques " peuvent induire des disparitions brutales. Mais il faut porter attention aux deux adjectifs : " précipitée " et " artificiellement provoquée ". 

Car, là où nous avons toutes bonnes raisons de nous préoccuper de la réduction de la bio-diversité (au sens large du terme), c'est qu'à la fois : 

dimanche 27 novembre 2016

"Une crise globale, une crise de civilisation"

Nous continuons à publier des textes publiés par Les Alternatifs en particulier à l’occasion de leurs congrès à la fois parce qu’il nous semble utile de mettre à disposition de celles et de ceux qui s’intéressent à l’histoire de la gauche alternative les analyses faites par les organisations autogestionnaires mais surtout parce que nous avons la faiblesse de penser que celles-ci restent toujours largement d’actualité.

 Henri Mermé 

Partie 1 du texte voté par le congrès des Alternatifs de 2012 

Une crise globale, une crise de civilisation 

mercredi 23 novembre 2016

Cuve de l'EPR et falsifications nucléaires : l'effondrement prévisible et irréversible de l'atome de France, par Stéphane Lhomme Directeur de l'Observatoire du nucléaire

Lorsque des problèmes de conformité de la cuve de l’EPR de Flamanville ont été reconnus par Areva en avril 2015, il s’agissait presque d’une information anodine tant le chantier de ce réacteur a connu - et connait encore - de retards, malfaçons et surcoûts. 

Mais, peu à peu, au fil des semaines et des révélations, cette affaire a dévoilé ce qui est incontestablement un des pires scandales industriels de tous les temps, tous pays confondus. 

Ainsi l’industrie nucléaire française, présentée continuellement comme « triomphante », « exemplaire », « enviée dans le monde entier », est en réalité un repaire d’escrocs qui, depuis des décennies, bâclent la fabrication de milliers de pièces, les couvrent par des certificats de sûreté falsifiés, et les utilisent sans se rendre compte ou sans se préoccuper de leurs déficiences ! 

mardi 22 novembre 2016

"La démondialisation ou le chaos", un livre d'Aurélien Bernier, par Jean-Pierre Lemaire

Après la « Gauche radicale et ses tabous » ( pourquoi Le Front de Gauche échoue face au Front national. Seuil 2014)), Aurélien Bernier publie aux Éditions Utopia «  La démondialisation ou le chaos » sous-titré : « Démondialiser, décroître et coopérer ». 

Cet ouvrage, bref mais dense, est à la fois original et stimulant. Il relie dans une perspective inédite des éléments le plus souvent séparés. Face aux impasses du capitalisme contemporain : montée des inégalités, crise, ordre économique mondial dominé par la finance, l'auteur propose ainsi une synthèse de trois propositions programmatiques.

1/ La démondialisation

Le principe se veut une une rupture avec la logique du libre-échange et la domination des multinationales.

Fabriquer du collectif au service du sol, un bien commun ! par William Elie, les Amis de la Conf' et Solidaires écologie

L'actualité des luttes foncières au-delà de la nécessaire fédération des luttes et « zones à défendre » engage une réflexion d'organisation collective contre les prédations de terres et la dégradation de ce bien commun millénaire qu'est le sol, garant de notre alimentation et de nos paysages. 

Réunis à Rouen les 18-19 novembre, les collectifs (Bouillons-terre d'avenir, Bure, Notre-Dame-des-Landes, « des T erres pas des H ypers », Haren-Belgique, Lentillères-Dijon, Reclaim the Fields)- accompagnés de Terre de Liens Normandie et des Amis de la Confédération paysanne, réactivent le Manifeste pour la sauvegarde des terres agricoles en questionnant les « Communs ». 

dimanche 20 novembre 2016

Autogestion & Syndicalisme, par Richard Neuville

« L’autogestion est à la fois un moyen de luttes frayant un chemin et un moyen de réorganisation de la société. Elle est également une culture irriguant la conscience collective » (1) . (Henri Lefebvre) 

Le terme « autogestion » est assez récent (2) , même si le concept a traversé l’histoire de l’émancipation humaine : la Commune, les Soviets, les collectivisations d’Aragon et Catalogne, celles d’Algérie, Lip, les récupérations d’entreprises en Argentine, etc.

L’autogestion est à la fois une approche théorique pour approfondir la démocratie et des pratiques de démocratie directe. Elle n’est pas destinée à adoucir les maux de la société actuelle mais elle implique un changement radical et l’instauration d’une autre manière de vivre ensemble, entièrement nouvelle, qui reconnait à la fois l’individu et le collectif en tant qu’acteurs à part entière. 

Un réseau international pour l'autogestion, par Christian Mahieux, syndicaliste SUD Rail

La première rencontre internationale dite « de l’économie des travailleur-ses » s’est tenue en 2007 en Argentine. Elle a réuni des travailleurs et des travailleuses d’usines récupérées et des collectifs de travail, des activistes sociaux et politiques, des syndicalistes et des universitaires. 

Depuis, ces rencontres internationales se tiennent tout les deux ans et constituent un espace de rencontres, de discussions et de réflexions sur les défis auxquels les travailleurs et travailleuses sont confronté-es pour défendre par l’autogestion leurs moyens de subsistance contre les attaques du capitalisme mondialisé. 

1986, le mouvement étudiant contre la réforme Devaquet, un contenu autogestionnaire balbutiant



Il y a trente ans, à l’automne 1986, un projet de réforme de l’université, le « projet Devaquet » du nom du secrétaire d’Etat de l’époque à l’Enseignement supérieur et à la recherche, provoquait une mobilisation sans précédent depuis les « années 1968 ». Nous ne revenons pas ici sur le contenu précis du projet de réforme ni sur l’évènement qui fait l’objet à l’occasion des commémorations d’initiatives diverses : ateliers archives et mémoires étudiantes, projection-débats, rencontres et cérémonie en l’honneur du jeune Malik Oussékine frappé à mort par les forces de police (voir les annonces et liens après l’article) mais sur deux aspects  qui relèvent de nos préoccupations : la forme de la lutte, et la question des alternatives « en positif » à une réforme gouvernementale.

samedi 19 novembre 2016

Debout contre les violences faites aux femmes ! Appel unitaire

Nous vivons dans un pays où il y a 86 000 viols par an dont seulement 1,5% sont condamnés. 216 000 femmes sont victimes de violences conjugales, 122 sont mortes en 2015. Stop aux violences faites aux femmes !

Nous vivons dans un pays où on enferme une femme, Jacqueline Sauvage, qui a enduré, ainsi que ses enfants, 47 ans de coups, sévices et viols de la part de son mari et a fini par le tuer. Liberté pour Jacqueline Sauvage !

Nous vivons dans un pays où, par manque de volonté politique, les lois et leur application ne sont pas à la hauteur de l’enjeu que représentent ces violences. Pour une loi cadre contre les violences faites aux femmes !

vendredi 18 novembre 2016

COP 22 Marrakech : déclaration du Forum des Mouvements Sociaux

Nous, mouvements sociaux marocains, maghrébins, africains et internationaux, rassemblés à Marrakech à l’occasion de la COP22 réaffirmons notre détermination à construire et défendre la justice climatique, et notamment à agir pour maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 1,5°C – conformément à l’engagement pris à Paris par l’ensemble des chefs d’État et de gouvernement. 

Le monde ne peut pas attendre 

Partout, les inégalités sociales se creusent, les droits régressent, les conflits et les guerres se multiplient ou s’enlisent. Nos peuples sont opprimés et la biodiversité s’éteint.